Dans eune Vingne, un brin montèye,
La bêite s'avait camuchèye.
Mais, qui qu'i se passit dans la cagniole du grand Cer(f)
Quanqu'i se mit à c'mencher à mâquer sen couvert ?
Ingratitude.
P'tête bié… fort preneu, porté su le vin,
Faut assavé
Qu'ch'est
« Pus de chin sous de quittés, au méd'chin. »
Ecappé un temps des cacheus,
I r'tumbit, délogé, cheu z-eux.
Les quins le d'zaillè'ent,
Eul dépenaillè'ent.
Il est bié eurconnu que no z-y aide
A les ceuzes qui vôs y aide.
Mais, est-ti créyâbe, çu manque d'eurconnaissanche
Que vénèrent les ceuzes, merqués en dépendanche ?
Habitude.
Thierry Coté, Chélangue, U.R.C.
Adaptation en cauchois de la fable
« Le Cerf et la Vigne »
de Jean de La Fontaine
Vingne : vigne.
Camuchèye : dissimulée.
Couvert : couverture.
Fort preneu : qui boit beaucoup.
Chin sous de quittés au méd'chin : d'après un proverbe cauchois qui dit : « un verre de vin ôte chin sous au méd'chin. »
D'zailler, dépenailler : déchirer, mettre en lambeaux.
Vénérer : utilisé ici pour rappeler les "Veneurs" de la fable ; sens en français : éprouver un attachement profond pour.
Merqués en dépendanche : ici, qui ne connaissent que l'abri.
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