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Le cauchois à l'écrit

Le cauchois à l'écrit

 

NQTRE LOCA|I S-
TOUTE ORTHOGRAPHE EST GONVENTIONNEE...
...La française comme les autres. Aussi ne devons-nous pas nous étonner de voir quelques Normands rechercher a uni?er l'orthographe du patois. UNUFIER SANS UNIFORMISER, d'ailleurs. Leurs recherches touchent tous ceuxqui veulent écrire dans leur langue maternelle, être lus, être compris.
L'anarchie actuelle dans L'écriture des patois est déplorée par les intéressés eux-mêmes. Pour rendre un texte lisible par tous, il faut mettre un peu d'ordre. Tous les Francais écrivent de la même façon et lisent avec leur accent. Un même texte d'Anatole France lu par un Flamand, un Tourangeau ou un Provençal sera nettement
différent à l'audition. Pour nous, le problème est le même, il sagit de rendre accessible à la lecture des textes originaux de forme en respectant les caractéristiques de chaque patois.
Tous les gens qui écrivent ne sont pas des grammairiens et si quelques-uns peuvent boucler en disant qu'ils n'ont pas de raisons de s'incliner devant la volonté de
quelques personnes, ils n'ont pas pensé qu'ils renoncent - eux - å la compréhension de leurs contemporains et ils ne peuvent pas prétendre travailler pour la Normandie.
Quel est le travail à faire ? Pour les enquêtes purement scienti?ques, il' y a une méthode spéciale. Nous préférons quant à nous faire œuvre dialectale. Nous avons
l'exemple du Provençal et du Breton . Pour le Breton, l'orthographe des trois dialectes septentrionaux a eu elle aussi une origine artificielle, mais le travail bien conduit
et unanimement appliqué a pleinement atteint son but.
Quant à` nous, nous avons un langage, il faut bien le dire, socialement discrédité et qui s'est obligatoirement émietté. Actuellement, cet état de choses en empêche la diffusion et l'éducation. Ce que nous recevons de nos parents n'a pas forcément existé, il faut donc se mé?er et ne pas être amené à créer une langue arti?cielle. Rappelons-nous que la langue de Mistral n'est pas la langue des paysans. Il nous faut, nous, nous efforcer de garder un équilibre constant entre l'orthographe et la réalité linguistique. C'est possible. Ainsi dé?ni par ces quelques idées générales et direc- tives, notre travail est simple. Nous avançons très prudemment, déblayerons des points sûrs et constamment nous nous référerons à l'autorité de ceux, spécialistes ou autres, qui nous ont précédés. Nous n'innoverons rien, mais nous ferons la guerre à ceux qui écrivent mal, et ce faisant, nous aurons conscience d'œuvrer utilement pour la Normandie et pour la diffusion et l'étude de ces parlers si originaux même dans leur diversité plus apparente que réelle. ~
QUELQUES PRINCIPES TRES SIMPLES
Je n'ai pas l'intention d'épuiser en quelques lignes la question de l'orthographe de nos patois. Envisageons plus simplement quelques règles très générales de mise en
ordre, faciles `à adopter et qui ne sauraient porter préjudice à qui que ce soit. Pour le simple vocable correspondant au français: boire, il vous est arrivé comme a moi de lire les formes suivantes: beire, beyre, bayre, bère, baire, bére, ber, ete. Nous proposons beire, d'ailleurs adopté par de nombreux auteurs, et qui est d'ailleurs la forme employée constamment au cours des siècles écoulés. Elle offre l'avantage de ne pas préciser si l'é est ouvert ou fermé ou même suivi d'un son i. Ceci adopté, nous n'avons aucune raison de ne pas formuler la règle suivante. Les patois de Normandie présentant généralement un son ê ou è correspondant au groupe français oi, nous écrivons ,toujours ei dans mei, tei, meis, peis, peire, creitre, etc. Cependant, dans le cas ou nous avons oué, nous écrirons simplement oué : glouére, bouéte, etc. Je vous assure que la simple application de cette règle, si elle laisse de côté quelques rares cas litigieux, allège déjà considérablement l'écriture et la lecture de nos textes normands. Car il est inadmissible ou'un écrivain, fût-il le plus grand, écrive dans un même texte une fois beire et bère à la ligne suivante. Puisque nous sommes dans les voyelles et pour prouver combien nous ne voulons réduire personne en servitude, nous admettons très bien que les in?nitifs et participes passés en er, é se présentent sous la forme vatrer, vatré (Coutances), vatraer, vatraè (La Haye-du Puits), vatro, vatro (Val-de-Saire et Audervllle) et même vatra, vatra dans la Hague ; bien que je pense pour mon compte que cet a étant intermédiaire entre a et è, la graphie vatraer suffirait. Ces exemples sont empruntés au Cotentin, qui nous sert de base de départ, mais peuvent s'appliquer ailleurs éventuellement. Seulement, nous conseillons aux rimeurs d'éviter de faire rimer vatro avec bros, parce que cela empêcherait la diction raisonnable ailleurs qu'au Val-de-Saire et nuirait ainsi à la diffusion des oeuvres.  `En ce qui me concerne, j'éviterai de faire rimer crapâod avec pas, bien que la prononciation .crapâ du Coutançais le permette, Et même, j'écrîrai touniâos et batiâos, plutôt que tounias et batias, pourtant bien plus répandus, pour ne pas multiplier les caractères particuliers quand on peut faire autrement, et ne pas trop éloigner le café câod de la soupe câode.  Nous ne faisons appel qu'à la raison et au bon sens, au sens de l'utile. Si presque toute la Normandie prononce cha-onté (en une seule émission de voix), nous proposons d'écrire chaunter, avec la bonne vieille forme des anciens textes toujours adoptés par ce maitre du langage qu'était Jean Tolvast, en laissant la liberté a ceux qui prononcent chaintaer d'écrire ainsi. Et de même, si nous écrivons câodroun, mounter, il va sans dire que les Haytillons peuvent bien écrire caèdrun et muntaer. Mais la souplesse que nous entendons donner à ce système ne saurait aller jusqu'a l'anarchie. Le son k du Normand (correspondant souvent au ch du français), placé devant i, u, eu, yé, subit des transformations très variables non seulement selon les régions, mais selon les individus, formant une gamme de sons très complexe que seuls peuvent traduire les alphabets phonétiques spéciaux. Là où le Hagard entend tyérette (à peu près), nous entendons à Coutances tchérette. Au cours de mes enquêtes linguistiques, j'utilise ces caractères spéciaux. Quand des auteurs de glossaires récents, voulant donner les formes différentes de deux communes, s'efforcent de décrire aussi exactement que possible les variantes locales,
ils ont droit à tous nos éloges, et ce n'est pas moi qui leur en ferai grief, on s'en doute. Mais il ne s'agit pas de philologíe pour le moment. Il s'agit de rendre intellîglble
sur vingt lieues de chemin des parlers qui ne diffèrent pas essentiellement et auxquels nous sommes attachés et que nous voulons cultiver. C'est ce qu'avaient compris
instinctivement les gens du Bouais-Jan qui écrîvaient comme nous le proposons : quérette, fâoqui et liqui, étant bien entendu que certains prononcent tyérette et d'autres
tchèrette. L'intéressé n'y pensera pas plus que le chantre de village qui applique au latin son traitement particulier et prononce êtchula etchulorom ou êtyula étyluorom
pour saecula sœculaorum, tout bontivement.J'ai remarqué que. d'instinct, des gens très simples vont à cette Orthographe et ils ont bien raison. De même et pour les mêmes raisons, nous écrirons guerbe et guéri sans nous occuper des multiples prononcîations intermédiaires se rapprochant plus ou moins de djerbe, dyerbe, yerbe, guierbe ou djéri, dyéri, guiéri, yérí, etc. Le Français ignore le l mouillé suivant une consonne et précédant un e muet, que nous faisons entendre dans sablle, tablle, possiblle, etc. Nous nous sommes arrêtés à cette forme (que nous n'avons pas inventée), parce qu'elle nous a semblé préférable à sablie ou sablye. Mais sl nous écrivons sablle, nous êcrirons sablloun, bllé, plleurer, ne serait-ce que parce que certains prononcent blîé et d 'autres bié.
Je vous assure que le Normand a tout à gagner à, ces simpli?cations. Tout n'est que conventions en orthographe : il suffit de les choisir avec bon sens. N'allons pas trop loin d'un seul coup. Avec ces quelquesindications, essayez donc, soyez honnêtes, ne vous butez
pas et vous voyez... ça va déjà mieux!
Rappelez-vous bien d'ailleurs que tous ceux qui ont  participé à ces travaux de déblaiement ne sont ni des horsains, ni ,des novateurs à tout prix. Ce sont de braves
,gens de chez nous qui tous ont le patois pour langue  maternellee, si tous ne sont pas restés des cultivateurs.  Ils n'ont fait que choisir, et c'est au nom de cette dizaine
de braves gens que je signe.                                                                                            Fernand LECHANTEUR_

Commentaires

  • bersoult jj

    1 bersoult jj Le 12/08/2019

    boujou
    comment vous contacter?
    Pou une traduction
    merci
  • Voisin Frank

    2 Voisin Frank Le 30/01/2019

    Bonjour
    Il me semble que Fernand Le chanteur s est très peu intéressé au Pays de Caux.
    Bravo pour votre travail et au plaisir de vous rencontrer.
    Frank Voisin

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